Origine des églises de la FREE

Origine des Églises de la FREE

Les Églises de la Fédération romande d'Églises évangéliques (FREE) sont le fruit du Réveil spirituel qui a touché les pays francophones au début du 19e siècle. La première communauté a été fondée à Genève en 1817, d'autres dans le canton de Vaud dès 1823.

Mais les prédicateurs du Réveil ne purent exercer leur action au sein des Eglises nationales. Ces jeunes pasteurs, déçus de l'enseignement reçu à la Faculté de théologie, marqué par un déisme rationaliste et moralisant furent écartés de la consécration pastorale en raison de leurs divergences théologiques avec la Compagnie des pasteurs. Ils se virent alors contraints de fonder contre leur gré des Eglises dissidentes, qu'ils voulaient constituées uniquement de personnes converties. Ces Eglises furent en butte à l'intolérance des autorités civiles et religieuses. Peu après 1840, la plupart des Eglises dissidentes subirent l'influence du prédicateur anglais Darby. Pour cet ancien ministre anglican, l'Église officielle avait totalement failli, et les croyants fidèles devaient se retrouver en assemblées séparées, hors de toute institution. Bientôt cependant une partie des Eglises dissidentes, refusant le caractère exclusif et autoritaire du darbysme, rompirent avec lui.

Dès la fin du 19e siècle, nos églises s'engagèrent activement dans la mission hors de nos frontières. Elles furent notamment à l'origine de la création des Assemblées évangéliques en Roumanie (1899), de l'Église évangélique du Laos (1902), de l'Église évangélique en Guyane (1947). En Suisse romande, elles ont soutenu le travail d'évangélisation de la Tente Romande jusqu'en 1995 (soit durant plus de 80 ans).

Au cours des années, un rapprochement s'est opéré entre les AESR (Assemblées évangéliques de Suisse Romande) et la FEEL (Fédération des Eglises évangéliques libres de Suisse). Très proches sur le plan théologique et ecclésial, elles étaient également géographiquement complémentaires (la FEEL couvrant alors essentiellement le canton de Neuchâtel et les AESR les autres cantons romands). Le rapprochement s'est concretisé au fil de années en commençant en automne 1998 par mettre en commun leur journal, intitulé journal Vivre et organiser ensemble les séminaires de perfectionnement pour les pasteurs. Au printemps 2003, elles se sont données une échéance proche pour fusionner ou mettre en place une autre forme de confédération. Le 25 novembre 2006 au matin, les deux assemblées générales (AESR et FEEL) donnaient leur accord pour la fusion et l’après-midi, les représentants des 48 églises parties prenantes à la nouvelle union (sur 49) tenaient leur assemblée générale constitutive, la FREE était née.

Aujourd'hui, la FREE comprend environ 4'500 membres répartis dans une cinquantaine de communautés. Ces dernières sont différentes par leur taille – de 20 à 300 membres – ainsi que par leur implantation en milieu urbain, rural ou montagnard. Elles cherchent à refléter, dans leurs structures et leur fonctionnement, les données du Nouveau Testament concernant les églises fondées par les apôtres. Elles sont indépendantes de l'Etat et leurs besoins financiers sont couverts par la libre contribution des membres et amis. Elles reconnaissent comme membres les personnes qui en font la demande et déclarent leur foi personnelle en Jésus-Christ, Sauveur et Seigneur. Elles pratiquent le baptême par immersion des croyants et, avec les Réformateurs, affirment leur sacerdoce universel. L'autorité, dans l'Église locale, est exercée collégialement par un groupe de responsables élus par la communauté et appelés « anciens ». Certaines églises font appel à un pasteur ayant une formation biblique ou théologique. Chaque église de la FREE est autonome en ce qui concerne son fonctionnement interne. Cependant, elles sont ensemble solidaires pour porter la responsabilité d'un certain nombre d'activités communes, notamment la formation de la jeunesse, des adultes, l'évangélisation et la mission hors frontières.


(Extrait de « Histoire et caractéristiques du mouvement évangélique », texte préparé par Jacques Blandenier pour la Fédération Evangélique Vaudoise, octobre 1993)